Nous avons passé 8 jours au El Salvador, Honduras et Nicaragua, c’est assez peu mais nous gardons néanmoins beaucoup de souvenirs.

Valérie : Qu’est-ce qui t’a le plus frappé dans ces 3 pays?

Bertrand : J’ai été frappé par la pauvreté. J’ai aussi été frappé qu’au Salvador, la monnaie du pays soit le US$. L’influence américaine est d’ailleurs bien présente dans ce pays, par l’habillement des habitants, leur attitude, la nourriture, des pubs sur le bitcoin …. (et la possibilité de payer en bitcoin !).

Valérie : J’ai aussi été frappée par la pauvreté, surtout au Honduras où il y avait encore plus de « logements », fabriqués uniquement de plastique et de tôle le long de la route. A propos de plastique, c’est dans ce pays là que sa présence était la plus terrible! Ce n’était plus simplement des déchets au bord des routes, c’était carrément des décharges à ciel ouvert, continues tout le long! C’était vraiment horrible. En plus, ils n’ont pas d’excuse, ils ont un système de ramassage des ordures ( nous avons été coincés derrière un camion poubelle dans une petite ville). Toujours à propos des déchets, un truc qui me révolte déjà depuis le début du Mexique, est la présence constante le long des routes de sacs éventrés contenant des langes. Que peut -il se passer dans la tête d’un parent qui jette les détritus de son enfant? Il faut avouer qu’en plus, le Honduras (comme le Salvador) a suivi une déforestation massive. Quelle tristesse.

Bertrand : bon, au milieu des ces plastiques au Honduras, de ces commerçants qui nous posaient des questions sur notre niveau de vie en Belgique, qui nous ont expliqué qu’ils étaient victimes de rackets … nous avons toutefois de bons moments ! La rencontre de 2 groupes des voyageurs à vélo. La dernière fois que nous en avions rencontré, c’était dans la Baja. Nous avons tout d’abord rencontré Hermann, un cycliste allemand, qui après avoir voyagé au Mexique avec sa femme pendant un mois, a acheté un vélo à Guatemala City et comptait descendre jusqu’à Panama. Il trouvait que nous avions beaucoup de chance de pouvoir partager ce voyage en couple 😇…. Puis nous avons croisé Francesco et Alain, 2 copains suisses enthousiastes bien sympas qui nous ont d’ailleurs donné des conseils pour notre passage de frontière à l’entrée du Nicaragua. Eux s’étaient fait « confisquer » leur drone et un gps à l’entrée du Nicaragua, avec la proposition de les récupérer à la sortie pour 40$. Ils venaient de sortir du Nicaragua…. sans drone ni gps. Comme ils nous ont expliqué que tous les bagages étaient passés au scanner, je me suis dit que nous devons cacher dans nos poches, la tablette, les gps, les téléphones. Quelques km plus loin, avant la frontière, je m’arrête et met mon pantalon qui a plus de poches….

Valérie : j’avais tellement chaud pour toi, sous les 35°C. Tu as même sorti ta veste… là c’était vraiment trop chaud. Moi j’avais trop chaud pour enfiler mon pantalon, j’ai donc décidé de mettre notre batterie d’appoint dans le fond de la remorque. A ce moment, trois soldats sortent d’un chemin de terre et se dirigent dans notre direction. J’ai vite sorti des biscuits et je t’en ai présenté 😉, détournant leur attention sur notre manège (plus très discret).

Bertrand : et finalement, , le passage de la frontière s’est déroulé sans encombres. Première frontière où nos certificats de vaccination Covid nous sont demandés. Nous avions toutefois oublié de pré-remplir un formulaire en ligne demandant l’autorisation d’entrer sur le territoire. (Vive le moment présent !). Lorsque nous sommes arrivés à l’étape du scanning, la préposée téléphonait, c’était la fin de sa journée, elle a dit à son amie «  hay 2 bicicletas », elle a vaguement ouvert une des sacoches en nous demandant si nous avions que des habits. Puis elle nous a dit d’y aller😀. Nous n’avons même pas payé de backshish…

Valérie : C’était la fin de la journée pour cette douanière, il est vrai que le soleil se couche tôt ici, avant 18h. Nous continuons à en être surpris. Nous savourerons les longues soirées d’été à notre retour ?! Par contre, qu’est ce que nous apprécions ces climats chauds où toute la vie se passe dehors. De notre vélo, il y a tant de choses à observer.

Bertrand : avant le Nicaragua, à la sortie cette fois du Salvador, nous avions une (presque) vrai difficulté. Pourtant, ce jour-là, avant la frontière du Honduras, tout semblait rouler sous le ciel bleu. Et jusqu’alors, j’avais apprécié sans réserve l’El Salvador. Bon, il y a parfois des jours comme cela… tout semble « rouler » (partis tôt, avant les premières chaleurs – nous irons jusqu’à 42 degrés – route sans trop de dénivelés, droite). Et subitement ce qui était un instant avant bascule. Un pickup banal nous invite à nous arrêter le long de la route. (?) (aurions-nous roulé en dehors des clous ?). En sort un caballiero (?) qui passe Valérie (toujours devant moi) et m’aborde. La conversation s’enclenche en mode bon enfant 👦. Les classiques « d’où venez-vous » (il pense que je suis gringo), etc. Des questions plus étranges… (« Est ce que je (ndlr: lui) serait le bienvenu en Belgique ? « ). Bref, je commence à avoir des doutes, la tension (malveillance) devient palpable. J’indique à Valérie de démarrer et de contourner la voiture. Deux femmes sortent alors de la voiture, vers moi. Lui poursuit sa « discussion » et devient agressif (« donne moi ton passeport, dinero » etc). Je décide aussi de démarrer, évitant qu’il bouscule  mon vélo ou la remorque. Il remonte en voiture et s’enclenche une « course-poursuite » à 30km/h. Lui me harcèle à ma gauche, perturbant le trafic, sur quelques kilomètres (je me fais insulter, crier dessus, Valérie roulant devant moi, à qui j’indiquai juste d’avancer). Je reste calme, le temps que lui aussi se calme et comprenne qu’il n’aura rien de moi (nous sommes de pauvres cyclistes, sin dinero, sin cotche, sin casa, bla-bla-bla). Bref, cette tentative de banditisme se termine bien. (Il nous faudra encore quelques km pour s’assurer qu’il ne remet pas cela, et faire baisser la pression).
J’écoutais alors un podcast d’Ekhart Tolle sur le moment présent. J’ai compris ce que c’était ! Le reste de la journée a été « cool ».

Première (et seule nuit au Honduras), nous trouvons un hôtel à 500m de la frontière (5 étoiles 😏🤩 – le nombre d’étoiles permet de remplir le bandeau sous le nom de « l’hôtel »).  Dans le palmarès des glauques, il doit être dans le top. Ceci dit c’est le patron était bien sympas e t savait même que la Belgique est une monarchie. 

Valérie : Pour moi, un des moments stressants fut le passage en ferry vers l’ île d’Ometepe. Nos vélos coincés derrière un camion qui semblait à peine attaché par une sangle et nous qui avions décidé de rester debout à côté des vélos, qui eux n’étaient pas sanglés. Cette traversée d’une heure m’a paru bien longue, à tenir en équilibre, secoués par les vagues. J’avoue m’être demandé ce que nous faisions là ? !

Bertrand : Au niveau des bons souvenirs, j’en garderai un excellent du Nicaragua, de ses habitants, ses paysages, ses volcans (entre autre celui de Masaya dont nous avons pu admirer le cratère et la lave en fusion), …

Valérie : Au Nicaragua, j’ai aussi beaucoup aimé les villes de Léon et de Granada, des villes coloniales calmes et bien sympas. Nous avions déjà vraiment apprécié Antigua au Guatemala, dans ces 2 villes-ci, l’absence de vendeurs de souvenirs sur les places publiques était un plus.

Dans ces trois pays, et malgré les préjugés que nous avions (principalement sur la sécurité), nous avons roulé avec plaisir et avons vraiment apprécié les traverser. En plus, l’état des routes était impeccable (la Région Wallonne devrait en prendre de la graine).

2 Replies to “Le centre de l’Amérique centrale”

  1. Quel dialogue passionnant. Un tourbillon émotionnel. Heureusement qu’Eckhart Tolle est la pour apaiser le moment présent. Belle route devant vous!
    Amitiés Caro et gery

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